Fonds en Euros, sécurité et rentabilité

4c05660488L’épargne financière des Français s’élève à environ 2.500 milliards d’euros.

Au premier rang de cette épargne figure l’assurance-vie, dont les encours représentent environ 1.400 milliards d’euros. Voilà pourquoi les médias répètent à l’envi qu’il s’agit là du « placement préféré des Français ».

Les raisons du succès ? Une fiscalité avantageuse (tant sur le plan de la fiscalité des revenus que sur le plan successoral), des rendements « historiquement » corrects et surtout, surtout… le sentiment de sécurité que procure le produit STAR de nos contrats d’assurance-vie : le fonds en Euros à capital garanti.

Et oui, c’est bien simple : les performances des fonds en euros sur la durée sont largement supérieures aux formules de type « livret » (Livret A et Codevi – devenu Livret de Développement Durable ou LDD en tête), tout en offrant une sécurité sur le capital investi.

Que demande le peuple ?

Et bien, aujourd’hui, peut-être que les détenteurs de contrats d’assurance-vie qui ont investi en moyenne 85% de leur épargne sur le fonds en euros aimeraient voir le rendement de leur épargne repartir à la hausse…

En effet, ces fameux 85% de 1.400 milliards d’euros investis en fonds en euros (soit la somme de 1.400 milliards x 85% = 1.190 milliards d’euros) proposent des rendements qui s’effritent chaque année un peu plus.

En effet, selon une étude de la Banque de France à lire ici, ces rendements sont passés de 4.10% en moyenne en 2007 à 2.80% en 2013. Bien évidemment, 2014 ne devrait pas échapper à la tendance baissière.

Pourquoi ?

Et bien tout simplement parce que ces contrats « à capital garanti » engagent réellement les fonds propres des banques et des compagnies d’assurance qui ne peuvent pas, de fait, déroger à d’évidentes règles de prudence. Ainsi, ces organismes sont contraints d’investir dans des supports qui bénéficient d’excellentes notes de la part des agences de notation, entre le double A (AA) et le triple A (AAA). Les bénéficiaires de ces excellentes notations sont relativement peu nombreux et nous les connaissons bien, ce sont les Etats souverains. Ainsi, l’argent placé auprès des compagnies d’assurance est « réellement » investi par ces mêmes compagnies, en obligations d’Etat américain, suisse, allemand, français, etc…. dont les rendements à 10 ans s’étalonnent aujourd’hui entre 0.70 et 2.70% !

Mais ce sont là des taux dits « bruts ». Ainsi, votre compagnie d’assurance est bien obligée de prélever des frais de gestion de l’ordre de … 0% à 0.80% pour les plus gourmands.

Et, double peine franco-française, le placement étant juridiquement garanti, les plus-values de sont pas considérées comme « latentes », aussi les intérêts générés sont tous les ans et d’office soumis à un prélèvement de CSG à hauteur de 15.5% (en date du 29 septembre 2014, nous attendons la-les future(s) loi de finances pour savoir si ce taux restera tel quel).

Résumons :

  1. un rendement brut qui s’effrite à cause de la nature même des supports sur lesquels votre épargne est « réellement » investie
  2. des frais de gestion qui viennent immédiatement obérer une partie du rendement
  3. une fiscalité à la source à laquelle on ne peut pas échapper
  4. nous ne parlons même pas de la rentabilité nette d’inflation….

Conclusion : les conditions sont réunies pour que le valeureux fonds en Euros si cher aux yeux des Français perde tout son attrait, malgré l’enveloppe fiscale de l’assurance-vie. Il est mathématiquement impossible de tenir sur le long-terme des rendements annuels nets supérieurs à 3%.

Enfin, à titre purement philosophique, il est à noter que ces 1.200 milliards d’euros investis en emprunts d’Etat financent les déficits que tous les gouvernements combattent avec force… et surtout avec forces taxes et subtilités fiscales dont le Trésor Public français a le secret (pour ne citer que lui).

Il s’est donc créé un cercle relativement malsain dans lequel les épargnants qui arrivent à épargner (en dépit du coût de la vie et d’une fiscalité de plus en lourde) financent in fine les déficits d’Etat à hauteur de 85% de leur épargne…

Pour faire simple, le déficit actuel est refinancé à 1.50% (pour ce qui est de l’emprunt d’Etat français) par votre propre épargne….

Et un simple regard outre-Rhin vous permettra de voir que l’Etat allemand a décidé de… ne pas emprunter en 2015, le budget fédéral sera excédentaire. Ainsi, la France pourra encore financer ses déficits, puisqu’elle est considérée comme une valeur sûre et que les amateurs de dette souveraine allemande seront bien obligés de se tourner vers la dette française….

Un bon épargnant averti en vaut deux !

Des alternatives existent, à suivre dans un prochain article d’Avicante…

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